alcool et perte de graisse

Face cachée de l’alcool et perte de graisse

Le vin, en quantité modérée, apporte plusieurs bienfaits. Cependant, il faut savoir que ce délicieux nectar doit être consommé en petite quantité pour conserver ses vertus.  La ligne est assez mince entre les bienfaits et les effets négatifs sur la santé.  Découvrons la face cachée de l’alcool et perte de graisse.

Nous savons tous que l’alcool est un dépresseur qui agit sur le système nerveux central, qu’il peut aussi inhiber certains comportements et également augmenter votre sensation de confiance et vous faire sentir plus détendu. Par contre, rare sont les personnes qui connaissent l’impact de l’alcool sur la perte de graisse.

Malgré le plaisir que peut nous procurer ce liquide festif, il est important de savoir que l’utilisation excessive à long terme peut entraîner plusieurs conséquences graves sur la santé, comme des dommages au foie ou des problèmes de toxicomanie. En outre, l’alcool contient sept calories par gramme, comparativement à 4 pour les protéines et les glucides. L’alcool a un impact sur le stockage des graisses et peut contribuer à une difficulté à perdre du poids surtout chez les femmes de 40 ans et plus!

En d’autres termes, si vous voulez perdre du poids et que vous consommez de l’alcool les vendredis, samedis et dimanches soir, ce n’est pas la meilleure façon d’y arriver. Mais vous le saviez probablement déjà.  Vous pensez que le fait de vous entrainer 3 fois par semaine et de «faire attention du lundi au jeudi» vous permet de vous «lâcher lousse» les week-ends ?  Et bien il en est tout autre dans la réalité de votre métabolisme.

Ce que vous ignorez peut-être, cependant, c’est précisément ce que l’alcool fait à l’intérieur de votre corps et comment il peut influer sur votre capacité à brûler les graisses. Il ralentit le processus de combustion des graisses de votre corps de 73%,  et réduit l’effet de la leptine, une hormone qui indique au cerveau d’arrêter de manger. Ce qui explique que, souvent, lors des repas avec alcool, nous mangeons plus que lors de nos journées normales de semaine. Des plus, comme l’alcool nous fait perdre nos inhibitions, il rend la pizza ou les fast-foods très caloriques hyper attrayants.

Selon les études, si votre corps pouvait parler, il vous dirait que l’alcool est une toxine. Pensez à la digestion et l’absorption de la nourriture et du système de stockage comme un grand tableau de bord multi boutons. Sur cette console métabolique, il y a un gros bouton rouge “pause”. Lorsque vous consommez de l’alcool, votre corps pousse ce bouton.  En conséquence, tout le processus d’utilisation des nutriments que vous consommez et comment votre corps l’utilise pour l’énergie est mis en attente. pendant que le corps décale sa priorité au traitement de l’alcool.

Une fois qu’il est consommé, l’alcool (qui est en fait de l’éthanol) se décompose en acétaldéhyde et quelque chose appelé nicotinamide adénine dinucléotide (NADH) par l’alcool déshydrogénase enzyme (ADH) 2 . C’est ce processus même qui enclenche les  changements défavorables dans le stockage des nutriments et la composition corporelle.

Comme le montre le diagramme, le produit de la dégradation de l’alcool final est l’acétyl-CoA, qui est une molécule fortement impliquée dans la synthèse des acides gras ou la création de molécules de graisse. Une accumulation excessive de l’acétyl-CoA peut conduire à une augmentation de la formation d’acides gras, ce qui conduit finalement à une augmentation de stockage des graisses.

En outre, une augmentation de NADH (produite à la suite de la dégradation de l’alcool) signale à l’organisme qu’il y a beaucoup d’énergie (calories) disponible. Le corps veut naturellement stocker l’énergie, ce qui signifie qu’une augmentation de la NADH favorise également la formation et le stockage d’acides gras. 2

Au fil du temps, ces molécules créent un changement dans votre corps pour donner la priorité stockage des graisses. Il va sans dire que ce changement présente tout un défi si vous essayez de perdre du poids.

Études pour l’appui

Par exemple, dans une étude révolutionnaire publiée dans le Journal of Clinical Investigation, les chercheurs ont observé les effets de l’ingestion d’alcool sur les glucides, les lipides et le métabolisme des protéines.

Les chercheurs ont évalué l’acide gras et l’utilisation du glucose sur un laps de temps de quatre heures. Pour ce faire, ils ont infusé les sujets avec une livraison simultanée de glucose et d’insuline. Les chercheurs ont ensuite prélevé des échantillons de sang au début de l’infusion, dans les 30 minutes qui ont suivi l’infusion et ensuite toutes les 15 minutes afin de déterminer comment les sujets utilisaient le «carburant».

Deux heures après le début de l’expérience, l’infusion de glucose a été remplacée par une infusion d’alcool équivalent à deux verres standards. Après la perfusion de l’alcool, les taux d’oxydation des graisses ont chuté de 87 pour cent! Donc, au lieu d’utiliser la graisse pour le carburant, les corps des sujets ont effectivement commencé à utiliser l’alcool pour l’énergie. Les taux de l’oxydation des graisses sont restés très bas pendant plus de quatre heures après la perfusion de l’alcool, ce qui est une mauvaise nouvelle pour tous ceux qui veulent brûler les graisses.

Que retenir de tout cela

Oui à la consommation modérée d’alcool à l’occasion!   Pas de consommation  durant deux ou trois jours d’affilés si votre intention est de diminuer votre tour de taille.

Nathalie Monette

 

Références ou en savoir plus

1. Rimm, E. B., Klatsky, A., Grobbee, D., & Stampfer, M. J. (1996). Review of moderate alcohol consumption and reduced risk of coronary heart disease: is the effect due to beer, wine, or spirits? BMJ, 312(7033), 731-736.

2. Bullock, C. (2010). The Biochemistry of Alcohol Metabolism—A Brief Review. Biochemical Education, 18(2), 62-66.

3. Shelmet, J.J., Reichard, G.A., Skutches, C.L., Hoeldtke, R.D., Owen, O.E. and Boden, G. (1998). Ethanol Causes Acute Inhibition of Carbohydrate, Fat, and Protein Oxidation and Insulin Resistance. Journal of Clinical Investigation, 81(4), 1137-1145.

4. Cederbaum, A. (2012). Alcohol Metabolism. Journal of Clinical Liver Disease, 16(4), 667-685.

5. Suter, P.M., Schutz, Y. & Jequier, E. (1992). The Effect of Ethanol on Fat Storage in Healthy Subjects. New England Journal of Medicine, 326(15), 983-987.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *